VDA – Réforme (bi-/plurilingue) de l’école (4)

QU’IL SERAIT TOUJOURS SAGE DE NE PAS RECOMMENCER A ZÉRO

Ce texte évoquera une série de travaux élaborés par l’ancien IRRE-VDA, à la sortie des Indicazioni Nazionali, en vue de leurs adaptations selon ce qui est prévu – « du fait des nécessités locales » – par les articles 39 et 40 du Statut spécial d’Autonomie de la Région Vallée d’Aoste .

Les temps paraissaient mûrs à l’époque pour débuter une réflexion collective qui pouvait aboutir à un débat social élargi avant l’adoption de nouvelles adaptations. Pour se donner surtout le temps d’approfondir la réflexion, de créer – autour de propositions diverses et concrètes – un consensus social, pour ne pas devoir improviser des solutions de dernière minute, pour offrir au décideur diverses possibilités sur lesquelles exercer son devoir de décision. Étaient-ce aussi les raisons pour laquelle l’Assesseur régional de l’Éducation et de la Culture de l’époque avait confié cette tâche, parmi d’autres, à l’IRRE-VDA?

L’institut pensa qu’il fallait partir d’une relecture critique des acquis et des problèmes de l’éducation bi-/plurilingue tels que les vivaient et les ressentaient les professionnels de l’école : des enseignants de tous les niveaux scolaires et de toutes les disciplines, des chefs d’établissement et un inspecteur de la Surintendance aux Études.

La réflexion fut menée à l’aide et avec les apports, toujours précieux, de divers experts extérieurs. Le Val d’Aoste a, dans tous les domaines, un grand besoin de confrontation avec l’extérieur, car sa vocation profonde à demeurer « cellule » – pour reprendre l’image de Bernard Janin – y asphyxie toute réflexion un tant soit peu complexe et divergente. Car la cellule se reproduit à l’infini, comme par parthénogenèse, à son intérieur même: chapelles, cercles, clans, clubs, coteries, cliques, factions … Surtout petites tranchées propices aux escarmouches mesquines … Absence donc d’un débat direct et loyal. Carence de collaboration. Manque de coordination. Régie invisible d’en haut.

Très loin d’un « carrefour » bien réglé et foisonnant d’idées.

Tout le travail de recherche, d’étude et de réflexion collectivement mené à l’IRRE-VDA avec des acteurs du terrain a donné lieu à la publication de 6 cahiers dans la SÉRIE VAL D’AOSTE ET RÉFORMES, dont 4 (en gras dans la liste ci-dessous) sur l’éducation bi-/plurilingue:

  • Cahier n° 1 – AGUETTAZ, P., CERINI, G., DIONISI, G. , TADIELLO. R. e TOSOLINI, A. (a cura di) (2006) : Idee di scuola tra continuità e trasformazione – Contributi sui processi di innovazione del sistema scolastico regionale a partire dalla riforma nazionale, con Riflessioni introduttive e conclusive di L. Guasti.
  • Cahier n° 2 – AYMONOD, P., CAVALLI, M., COSTE, D. DEMATTEIS, F. PORTE’, G., ROSINA, M. et SCIACQUA, C. (2006) : Langues, Apprentissages, Identités – Actualiser dans la continuité l’éducation bi-/plurilingue.
  • Cahier n° 3 – BAGGIANI, S., TURCHI, A. e GRANGE, T. (2006) : Le politiche educative a livello europeo, nazionale e regionale.
  • Cahier n° 4 – COSTE, D., SOBRERO, A., CAVALLI, M. et BOSONIN, I. : Multilinguisme, Plurilinguisme, Éducation – Les politiques linguistiques éducatives.
  • Cahier n° 5 – ROMEI, P. (2007) : Educazione bi-/plurilingue – Autonomia e livelli di decisione – Elementi per una gestione coordinata, con un contributo di G. PORTE’.
  • Cahier n° 6 – GROUPES DE DIRECTEURS GÉNÉRAUX ET D’ENSEIGNANTS (2007) : Adaptations entre gestion et pratiques didactiques dans le cadre de l’autonomie scolaire – Analyses, réflexions et propositions des acteurs du terrain, Aoste.

Analyse critique de l’éducation bi-/plurilingue, élucidation des concepts, leur adaptation à la situation très particulière du système éducatif valdôtain, définition des problèmes à résoudre, proposition de solutions envisageables et ce dans le cadre de la continuité entre niveaux scolaires, perspectives aussi bien didactiques qu’organisationnelles  : l’IRRE-VDA était prêt à présenter ces travaux publiquement et à en débattre. Rien ne fut fait à défaut de l’assentiment du décideur.

Il est à espérer que ce patrimoine de réflexions sera au moins exploité par les quatre commissions techniques actuellement chargées de conduire une réflexion sur les programmes, qu’il servira de base de départ et d’appui pour aller plus loin et qu’il ne sera pas jeté aux orties. Car, outre le respect et la reconnaissance dus au travail de tant de personnes (notamment les professionnels de l’enseignement qui s’y étaient engagés avec enthousiasme et conviction), cette négligence, cette non prise en compte représente également un énorme gaspillage de ressources financières publiques.

Il serait intéressant de mettre à la disposition des membres des commissions – mais aussi de tout autre lecteur intéressé – ces cahiers ou, tout au moins, leur PDF. Car, ces travaux, s’ils n’intéressent pas au Val d’Aoste, ils peuvent être utiles à l’extérieur.

Nous reviendrons sur le détail de  certaines propositions contenues dans ces cahiers à propos de l’éducation bi-/plurilingue.

Un dernier mot sur cette appellation et son orthographe: éducation bi-/plurilingue. On a pu s’en faire des gorges chaudes. Et alors, une petite explication, disons posthume. A’ un certain moment, la tentation fut forte de passer à une appellation plus trendy  ou, si vous voulez, plus sexy, qui fait fureur ces temps-ci au Val d’Aoste : PLURILINGUISME. Il n’en fut rien, car la discussion avec les experts et les gens du terrain a amené l’institut à la conclusion qu’il était  fondamental de maintenir le « bi- » pour que cette dimension – centrale et fondatrice de l’école valdôtaine actuelle – ne passe pas aux oubliettes. La recherche de l’IRRE-VDA sur les représentation sociales avait, en effet, fait entrevoir le risque d’un effet simplificateur de l’utilisation de ce mot : certaines conceptions réductrices du plurilinguisme peuvent, en effet, permettre de « dissoudre » la dimension bilingue dans le « pluri » et représenter, ainsi, la meilleure façon de se débarrasser du bilinguisme italien / français. Danger qui semble poindre au moment actuel, d’après certains discours relatés dans la presse locale.

Nous aurons tout le loisir d’y revenir.

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